

Égalité asbl et Legambiente demandent au gouvernement italien de reconnaître l'équivalence des fauteuils roulants aux vélos électriques. Le moteur est le même et l'incapacité des personnes handicapées à pédaler ne peut justifier une discrimination à leur encontre. (1) La mobilité personnelle des personnes handicapées n'est pas abandonnée.
Les barrières architecturales, en Italie, sont encore omniprésentes et empêchent l'autonomie des personnes handicapées. Dans les espaces privés mais aussi dans les espaces publics, après 34 ans de (dés)application de la loi qui obligeait toutes les communes du pays (pour quelques-unes) à adopter les dits PEBA (Plans d'Élimination des Barrières Architecturales) . (2)
L'accessibilité des bâtiments, des routes et des infrastructures, des espaces publics et privés, des services de transport, pour les personnes en situation de handicap, en Italie, est encore très rare. Dans le respect des engagements pris dans la Convention des Nations Unies relative aux Droits des Personnes Handicapées (CNUDPH), les trottoirs italiens fourmillent d'obstacles, à commencer par les marches sans toboggans et donc impossibles ou autrement dangereuses pour les fauteuils roulants. (3)
Les transports en communs sont également largement inaccessibles. Au niveau urbain et périurbain, comme cela a été dénoncé à plusieurs reprises, les bus et les stations de métro sont souvent dépourvus de quais et d'ascenseurs. 85 % des gares du réseau ferroviaire italien (RFI) sont également inaccessibles ! (4)
Faciliter l'autonomie et le transport indépendant des personnes handicapées, avec une approche strictement non discriminatoire, est une autre mission de l'État italien. Conformément, entre autres, à l'article 20 de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées. (5) Mais les services publics de mobilité personnelle, comme cela a été signalé, sont totalement inexistants.
Les moteurs électriques à connecter à des fauteuils roulants représentent aujourd'hui une ressource essentielle pour permettre aux plus de 100 mille handicapés moteurs en Italie de se déplacer avec un niveau d'autonomie appréciable et de compenser les déficits d'accessibilité de l'environnement extérieur. Ces moteurs peuvent être fournis par l'ASL comme alternative (par « équivalence fonctionnelle ») aux fauteuils roulants électriques. Et ils sont bien adaptés au transport intermodal, grâce à leur poids et dimensions limités qui permettent de les charger sur d'autres véhicules.
L'utilisation des cyclomoteurs en fauteuil roulant et des fauteuils roulants électriques est en fait équivalente à celle des vélos électriques. Pour deux raisons essentielles :
- état de besoin. L'interruption systématique des trottoirs italiens par des marches, des différences de hauteur et de pentes empêche ou entrave sérieusement leur déplacement en fauteuil roulant, exposant les personnes handicapées à des situations de danger même grave,
- non-discrimination. L'incapacité physique à donner de la force aux pédales d'un vélo électrique ne peut et ne doit pas porter atteinte au droit d'usage d'un véhicule équivalent par les personnes handicapées. (6)
En Italie, ces dernières années, au moins 12 mille trottinettes électriques ont été livrées à fixer sur des fauteuils roulants pour handicapés, dont les performances sur route sont tout à fait similaires à celles des vélos électriques. Le best-seller de ces « trikes » est produit en Italie en plusieurs versions, avec des vitesses comprises entre 20 et 48 km/h environ. Une aubaine pour tous ceux qui, entre autres, avec une pension d'invalidité honteuse de 280 €/mois, ne trouvent pas facile d'acheter à leurs frais une voiture équipée des dispositifs de conduite adéquats. (7)
Les fauteuils roulants « motorisés » sont, en théorie, classés et mis à la disposition des personnes handicapées comme « équipement médical » reconnus « équivalent aux fauteuils roulants électriques » (pour usage interne ou externe, selon le cas). Cependant, selon la réglementation en vigueur, les cyclomoteurs ne doivent pas dépasser une vitesse de 6 km/h, faute de quoi ils doivent être classés comme « véhicules », conformément au code de la route. (8)
Au lieu de favoriser la mobilité personnelle des personnes handicapées, le législateur italien réserve la seule utilisation des landaus-escargots à la généralité des «handicapés», comme s'il s'agissait de jouets dans un monde de conte de fées. Et les expose ainsi entre autres au danger de se faire écraser chaque fois que, par état de nécessité, ils doivent se déplacer sur la chaussée parce que le trottoir est impraticable.
Dans le monde réel, quelques milliers de paraplégiques et tétraplégiques en Italie conduisent sur la route des « véhicules atypiques » avec un moteur électrique, dans une situation de vide législatif, sous la tolérance bienveillante des autorités qui surveillent les rues (mais pas les trottoirs). Mais le ministre des Transports voudrait désormais sanctionner la généralité des « véhicules d'avance », qui comprennent également ceux en cause, d'une amende pouvant aller jusqu'à 800 € et d'une saisie administrative. En plus du dommage, l'insulte !
Droits et non piétisme. Demandons au ministère des Transports, au Conseil des ministres et au Parlement de la République italienne la reconnaissance de la pleine équivalence entre les fauteuils roulants équipés de scooters électriques et les vélos électriques. Sans renoncer à leur qualification de « dispositifs médicaux », encore nécessaire pour obtenir leur alimentation publique, nous demandons que les limitations de vitesse soient portées en conséquence à 25 km/h, à l'instar des vélos électriques.
Les fauteuils roulants « intelligents » équipés de systèmes de freinage intégrés doivent être admis à des performances supérieures, pour répondre aux besoins de la vie quotidienne et des transports des adultes (> 14 ans) qui ont eu ou ont un permis de conduire, ou qui suivent un cursus d'éducation routière depuis au moins 6 heures. (9) Le moins que l'on puisse et doit faire pour compenser les manquements graves de l'Italie, de ses régions et communes aux devoirs établis par la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées.
#Égalité !
Dario Dongo
(1) Oui, il y a discrimination indirecte lorsqu'une disposition, un critère, une pratique, un acte, un pacte ou un comportement apparemment neutre désavantage une personne handicapée par rapport à d'autres personnes (loi 67/06, mesures de protection judiciaire des personnes handicapées victimes de discrimination. Article 2, notion de discrimination)
(2) Des plans devront être adoptés par les Administrations compétentes pour l'élimination des barrières architecturales dans un délai d'un an à compter de l'entrée en vigueur de la présente loi (loi 41/86, art. 32.21)
(3) Voir CNUDPH. Article 9 - Accessibilité,
(4) En Italie, il y a désormais 320 gares accessibles sur 2 030 gares ferroviaires, dont 600 gares principales et 1 430 gares plus petites et moins fréquentées, qui, avec les autres, assurent l'accès au réseau ferroviaire dans toute la région. V http://www.rfi.it/rfi/LINEE-STAZIONI-TERRITORIO/Le-stazioni/Accessibilità-stazioni
En ce qui concerne les bus, voir l'article précédent sur le « cas de Gênes »,
(5) CRDPH. Article 20 - Mobilité personnelle,
(6) A l'interdiction de discrimination mentionnée à la note 1 est ajouté le principe de raisonnabilité, ancré dans la législation européenne, selon laquelle des situations similaires doivent être régies par des règles similaires
(7) Concernant le handicap, la pauvreté et l'exclusion sociale, voir les derniers rapports Istat et Eurostat,
(8) Voir le décret présidentiel 495/92 (règlement d'exécution et d'application du code de la route), de l'art. 196.1
(9) Compte tenu également de la vulnérabilité particulière des personnes en fauteuil roulant aux attaques de chiens et de la nécessité qui en découle de pouvoir s'éloigner rapidement (ne pas pouvoir retirer leur visage de la portée des animaux, ni autrement se réfugier ou se défendre eux-mêmes)

Dario Dongo, avocat et journaliste, Docteur en droit alimentaire international, fondateur de WIISE (FARE - GIFT - Food Times) et d'Égalité.