Le Conseil de l'UE a donné son feu vert définitif à la directive sur un salaire minimum adéquat, qui a été approuvée le 14.9.22/1/XNUMX par le Parlement européen. (XNUMX)
Les salaires minimums, les objectifs de la directive
Le premier objectif est de « contribuer à la convergence sociale vers le haut », c'est-à-dire augmenter les salaires et réduire les « inégalités salariales ». (art. 1)
Les salaires minimums, par conséquent, doivent être « adéquats » afin d'obtenir des « conditions de vie et de travail décentes ».
La directive rappelle, en outre, d'autres objectifs, tels que la promotion de la « la cohésion sociale » et la réduction des « écarts de rémunération entre les sexes ».
Domaine d'application
La directive « s'applique aux travailleurs de l'UE qui ont un contrat de travail ou une relation de travail tels que définis par la législation, les conventions collectives ou les mesures en vigueur dans chaque État membre, compte tenu de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne ». (art. 2)
Cette large formulation permet d'inclure également les travailleurs qui se trouvent aux frontières de la subordination, ceux qu'on appelle les ouvriers. La disposition du considérant 17 stipule que « les travailleurs domestiques, les travailleurs sur appel, les travailleurs intermittents, les travailleurs sous contrat, les faux travailleurs indépendants, les travailleurs sur les plateformes numériques, les stagiaires et les apprentis pourraient relever du domaine d'application de la présente directive à condition qu'ils remplissent ces critères ».
Le même texte précise que « la détermination de l'existence d'une relation de travail devrait être fondée sur les faits liés à l'exécution réelle du travail et non sur la manière dont les parties décrivent la relation ».
Ce que prévoit la directive
La directive prévoit un salaire minimum adéquat, qu'il soit déterminé par la négociation collective ou par la loi.
L'UE ne se charge pas de fixer le niveau des salaires minimums (art. 153, par. 5 TFUE Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne), il appartiendra donc aux États membres de le faire avec la loi et avec des contrats collectifs ou les deux .
Ainsi, la Directive présente deux possibilités :
- une possibilité commune à tous les États membres, basée sur la promotion de la négociation collective, afin d'augmenter les niveaux de couverture, (2)
- une autre ad hoc pour les États membres disposant d'un salaire minimum légal, qui seront tenus d'appliquer certains critères communs qui, tout en laissant la marge de manœuvre nécessaire aux gouvernements nationaux, favoriseront la réalisation de niveaux de salaire « adéquats ».
Propositions d'intervention pour assurer l'adéquation du salaire minimum
Promotion de la négociation collective sur la mise en place des salaires (art. 4)
Les États devront :
- prendre des mesures pour promouvoir la capacité des partenaires sociaux à participer à la négociation collective sur la fixation des salaires
- encourager des négociations salariales constructives, significatives et communiquées entre les partenaires sociaux
- examiner tout problème critique affectant des secteurs ou des domaines spécifiques
- lorsque le niveau de couverture est inférieur au seuil de 70 %, les États membres, dans lesquels cela se produit, devront « prévoir un cadre de conditions favorables à la négociation collective ». Ces conditions seront identifiées « par la loi après consultation des partenaires sociaux ou par un accord avec ces derniers », définissant ainsi un plan d'action à communiquer à la Commission et sur lequel la Commission pourra exercer un contrôle.
Salaire minimum légal
Les États membres, dans lesquels un régime de salaire minimum légal est déjà en vigueur, devront :
- définir des critères nationaux clairs et stables pour la détermination et l'actualisation périodique du salaire minimum, qui tiennent compte du pouvoir d'achat des salaires minimums par rapport au coût de la vie, du niveau général des salaires bruts et de leur répartition, de l'évolution des salaires bruts et de la tendance de la productivité du travail. (art. 5)
- protéger le salaire minimum légal contre les prélèvements injustifiés ou disproportionnés. (art. 6)
- impliquer les partenaires sociaux dans la détermination et à l'actualisation des salaires minimums légaux, notamment par la création d'organes consultatifs spécifiques. (art. 7)
- renforcer le système de contrôles et d'inspections sur le terrain, fournir des orientations aux autorités chargées de l'application et fournir aux travailleurs des informations adéquates sur les salaires minimums, afin de promouvoir un accès effectif aux salaires minimums légaux. (art. 8)
- dans l'exécution des marchés publics et des contrats de concession, les opérateurs économiques directs et la chaîne de sous-traitance subséquente sont tenus de respecter les salaires fixés par la négociation collective et les salaires minima légaux, le cas échéant. (art. 9)
- développer des outils efficaces et fiables de collecte et de suivi des données pour permettre aux États membres de communiquer chaque année à la Commission des données pertinentes sur la couverture et l'adéquation. (art. 10)
- garantir aux travailleurs et à leurs représentants l'accès à un règlement efficace et impartial des différends, le droit à un recours, y compris le droit à une indemnisation adéquate, et une protection efficace contre toute forme de préjudice s'ils décident d'exercer le droit de défense de leurs droits relatifs à la protection garantie par le salaire minimum en vigueur. (art. 11)
- prévoir des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives en cas de violation des dispositions nationales établissant la protection garantie par le salaire minimum. (art. 12)
Prochaines étapes
La directive entrera en vigueur le vingtième jour suivant sa publication au Journal officiel de l'Union européenne et les États membres auront deux ans pour l'appliquer.
Conclusions
La directive représente une nouveauté importante dans les politiques sociales de l'Union européenne et une impulsion nécessaire pour une réforme des mécanismes de détermination des salaires minimums au niveau national.
Il appartiendra désormais aux États membres et aux partenaires sociaux de prendre les mesures nécessaires pour assurer le respect des exigences de la directive, en tenant compte de leurs circonstances économiques nationales respectives et des spécificités de leurs systèmes de salaire minimum respectifs.
Note
(1) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/IT/TXT/PDF/?uri=CELEX:52020PC0682
(2) pour « niveau de couverture», l'article 2 signifie « le pourcentage de travailleurs à l'échelle nationale auxquels s'applique une convention collective ».
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Avocate à Milan et Francfort-sur-le-Main. Experte en droit de la famille, des mineurs et pénal, elle est aujourd'hui inscrite en master universitaire en droit de l'alimentation